Mercredi 5 novembre 2008

Homélie pour le mariage de Gilbert et Céline

Vous savez, je vois dans l’amour que deux époux se portent l’un à l’autre une petite brèche ouverte sur le Paradis !

 

L’amour est, je crois, l’aspiration humaine la plus profonde. Quel que soit le chemin que nous avons parcouru, où que nous en soyons, nous cherchons tous à vivre heureux. Or, qu’est-ce que le bonheur, si ce n’est l’amour partagé, donné et reçu ? Et ce bonheur se lit dans vos yeux aujourd’hui… Dans tes yeux, Céline, lorsque tu évoques Gilbert ; et dans les tiens, Gilbert, quand tu parles de Céline. L’amour vous rend heureux, et ça se voit ! C’est beau ! C’est bon ! C’est ainsi que Dieu vous a créés.

 

J’ai souvent l’habitude de demander à des jeunes : « ton bonheur, tu le veux à combien ? 20 % ? 30 % ? 50 % ? » et ils me répondent tous : « 100 % ! ». Cette réponse invariable nous fait comprendre quelque chose de l’Amour. Puisque nous ne voulons qu’un bonheur à 100 %, c'est-à-dire absolu, notre désir ne peut être comblé que par un Amour absolu. Cet Amour absolu, nous qui sommes tout simplement humains, nous n’en sommes pas capables par nos propres moyens : nous nous rendons bien compte que parfois, nous aimons à 90 %, 80 % et même 70 % ! C’est donc que notre amour humain tend, parfois avec peine, vers l’Amour absolu. Je vais vous révéler que cet Amour absolu vers lequel tend votre amour humain est aussi la source de cet amour. Cet Amour absolu, vous l’avez déjà compris, c’est Dieu lui-même.  Saint Jean nous dit : « Dieu est Amour, et si nous nous aimons les uns les autres, nous verrons la gloire de Dieu ! » Vous voyez, quand je vous dis que votre amour est une brèche ouverte sur le Paradis, je ne me trompe pas, et je ne vous trompe pas !

 

Aux nombreux jeunes que je rencontre, je demande aussi souvent : « Votre bonheur, vous le voulez pour combien de temps ? Six mois ? Un an ? Trois ans ? » Et tous me répondent évidemment : « Toute la vie ! » Bien sûr ! Pourquoi envisager la fin d’un amour qui vous comble de bonheur ? L’Eglise lorsqu’elle parle du mariage comme d’une « communauté de toute la vie » est, certes, exigeante, mais parce qu’elle vous prend au sérieux ! Parfois (et rassurez-vous, c’est normal !) il y aura des moments où ce sera difficile, où l’un et l’autre vous aurez l’impression de ne plus tout à fait ressentir la même chose qu’au premier jour de votre amour… Et alors ce sera à votre volonté de prendre le relais des impressions et des sentiments : grâce à elle, votre amour se renouvellera et en ressortira consolidé, puisque ces passages à vide vous auront permis d’éprouver votre fidélité.

 

Gilbert et Céline, votre amour, un jour, se conjuguera à trois, quatre, cinq… Vous découvrirez alors la joie et la noblesse de cet amour de parents. Vous aurez à donner cet amour à vos enfants pour qu’à leur tour, ils s’épanouissent dans le bonheur. Vous découvrirez que l’amour ne se divise pas, il se multiplie ! Ces enfants, vous avez choisi, en fondant aujourd’hui un foyer chrétien, de leur partager la même foi, la même espérance et le même amour que vous avez vous-mêmes reçu en cheminant dans la foi catholique. Dieu vous y aidera car il n’est pas loin de vous.

 

Gilbert et Céline, soyez heureux d’ouvrir pour nous aujourd’hui cette petite brèche du Paradis ! Soyez heureux de nous témoigner qu’un tel engagement et une telle exigence sont possibles, parce que vous vous aimez, vous aimez Dieu ; et qu’à Dieu comme à l’Amour, rien n’est impossible.

Par Frère Paul csc - Publié dans : Au secours, j'ai besoin d'amour !
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Mercredi 5 novembre 2008

Texte rédigé pour la feuille d'info paroissiale de ND de Ste Croix (Le Mans) du 9 novembre.

L’anniversaire de la Dédicace de la basilique Saint Jean du Latran, cathédrale de Rome, pourrait nous sembler bien éloigné de la réalité de notre vie paroissiale. Et pourtant, c’est dans toute l’Eglise qu’est célébrée cette fête. Pourquoi ? D’une part parce que nous avons besoin d’un signe concret de notre unité catholique, et que ce signe est incarné par le successeur de Pierre, le pape, dont la basilique du Latran est la cathédrale. Ensuite, parce que de cette unité réelle découle la communion dont nous pouvons nous prévaloir. En effet, la célébration de la Dédicace d’une église est avant tout la célébration de la communion qui fait de nous les pierres d’un même édifice dont la pierre angulaire est le Christ.

 

Un jour, alors qu’une équipe de jeunes m’a demandé de lui expliquer ce qu’est la communion, j’ai tout d’abord été pris de cours. Puis m’est venue à l’esprit une métaphore toute simple.

Nous sommes comme des pierres. Pour construire un mur ou un édifice, il faut bien sûr des pierres, mais ces pierres doivent être reliées entre elles par un ciment ou un mortier. La communion est ce lien, ce ciment, qui nous permet de participer à la construction spirituelle qu’est l’Eglise. Mais dans le mur, les pierres restent des pierres, elles gardent leurs propriétés : leur couleur, leur dureté, leurs aspérités... Dans la communion, à la différence de la fusion, chacun reste lui-même, et, loin de dépareiller l’ensemble, il participe à la beauté de l’édifice, tout en restant lui-même, être unique désiré par Dieu depuis toujours, aimé d’un amour infini.

 

Nous avons célébré la semaine dernière la fête de la Toussaint, suivie du jour de la commémoration des défunts. Ce jour, qui ne ressemble en rien à la macabre célébration d’Halloween, met l’accent sur la communion qui existe entre l’Eglise terrestre et l’assemblée du ciel. Elle nous rappelle qu’avec ceux qui nous ont quittés dans l’espérance de la Résurrection, nous formons un unique édifice, qui se dessinera pleinement lorsque les temps seront accomplis.

 

Mais cet édifice, il nous est donné de le construire dès maintenant par « la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu le Père et la communion du Saint-Esprit » dont nous vivons depuis notre Baptême. Là où nous voyons fleurir des initiatives en faveur de la justice, d’un juste rapport avec la création, de la civilisation de l’amour, nous voyons l’œuvre de l’Esprit et de ses coopérateurs. A nous d’emboiter le pas à ces ouvriers du Seigneur, afin d’être membres de la construction sainte.

 

Dans le monde, la progression technique mise au service de la communication (téléphonie mobile, Internet) nous place dans des réseaux de plus en plus complexes. Paradoxalement, plus la communication est facile, plus la communion semble difficile à atteindre. Nous avons besoin de ces moments gratuits de « présence contre présence » pour faire grandir entre nous la communion. Que les progrès techniques, qui constituent un bienfait évident, ne nous fasse pas oublier cette nécessité, bien plus vitale qu’une adresse e-mail ou un portable !

 

Enfin, n’oublions pas que cette communion a une source. Pour être en pleine et réelle communion avec ceux qui nous entourent, pour être les pierres vivantes d’une société plus juste, plus fraternelle, qui préfigure déjà la Jérusalem céleste, nous devons puiser à la source l’amour et la grâce. Puissions-nous vivre toujours plus profondément ce mystère.

Par Frère Paul csc - Publié dans : L'Eglise d'où je viens...
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Lundi 7 avril 2008
Pas mal d'élèves (surtout en 4e) m'ont demandé ce que je pensais de l'euthanasie...
Avant de dire vraiment ce que je pense, je voudrais partager quelques remarques :

Première remarque : l'euthanasie n'est pas un débat nouveau !
Notre génération fait tellement peu cas de celles qui l'ont précédé qu'elle ne se demande même pas si avant nous, il n'y a pas eu des gens qui se sont posé les mêmes questions... L'euthanasie n'est pas un débat propre au XXIe siècle, mais si le mot a été inventé au début du XVIIe siècle par le médecin anglais Francis Bacon. Ca prouve déjà que c'est de l'histoire ancienne. Donc, qu'on arrête de se poser la question comme si ça faisait 20 ans qu'elle existait, c'est ridicule.

Deuxième remarque : un débat d'idées (ou d'opinions) n'est pas une affaire sentimentale !
Or, précisément pour ce débat, c'est essentiellement de sentiments qu'il s'agit : on se dit "comme c'est horrible pour cette personne de souffrir autant". Attention ! Je ne nie pas la douleur des gens qui sont atteints de maladies très difficiles, et je ne dis pas qu'il faut éviter d'être compatissant. La compassion est un sentiment très noble. Néanmoins, on ne peut pas réfléchir uniquement avec du ressenti : la comassion n'est pas un argument logique, c'est un sentiment. Sachons faire la part des choses entre les sentiments que nous éprouvons et les idées qui sont le fruit de la réflexion logique. (éternel débat entre raison et passion...)

Troisième remarque : quand on aime une personne on ne peut pas lui souhaiter la mort !
Quelle drôle de compassion que celle qui vous fait dire : "vraiment, tu n'as plus aucune raison de vivre, ta vie ne vaut plus rien, je te souhaite une mort immédiate"... Bien sûr, on voudrait TOUT faire pour empêcher une personne qu'on aime de souffrir, mais dans notre manque de raisonnement, on en arrive à une extrêmité inacceptable dès lors qu'on prend un peu de distance et qu'on y réfléchit. Qu'on arrête de dire que la mort est une solution, elle a toujours été, est et demeurera toujours une aberration (d'autant plus quand provoquée par d'autres) : nous sommes faits pour la VIE !!!

Quatrième remarque : le vrai malheur, ce n'est pas la souffrance, mais de ne pas voir au-delà de la souffrance.
J'ai connu beaucoup de personnes qui souffrent beaucoup. Jamais de personne qui ait voulu mourir à cause de sa souffrance. Peut-être que ces personnes ont été privilégiées : elles ont eu un entourage qui les a aimées telles qu'elles étaient, et qui les a aidées à voir au-delà de la souffrance. L'amour et la présence des proches est le meilleur palliatif, il redonne de l'espérance. Arrêtons de confondre bonheur et bien-être, malheur et souffrance : au coeur de la souffrance, bien des gens sont quand-même heureux. C'est plus difficile, mais c'est possible !

Ce que j'en pense, finalement : eh bien tout simplement, il faut se rappeler le grand principe : un médecin est au service de la vie, pas de la mort. C'est rompre le serment d'Hippocrate pour un médecin que de donner la mort. C'est contraire à son métier. Qu'on ne demande pas à un médecin de donner la mort, c'est totalement aberrant.

Pour finir, il y a peut-être des personnes souffrantes qui liront cet article... Si vous êtes heurtés parce que vous trouvez que je traite votre souffrance avec légèreté, sachez qu'il n'en est rien. Je vous respecte infiniment, d'autant plus que vous vivez une souffrance qui peut être très forte. Vous me trouvez peut-être arrogant parce que je n'ai pas l'expérience que vous avez de la souffrance. Je vous demande pardon. Ce que je dis ici, je le dis aussi humblement que possible : au coeur de la souffrance, il est possible de voir au-delà de la souffrance. Si vous souffrez dans votre corps ou votre mental, autour de vous, il y a des personnes qui vous aiment et surtout JESUS vous aime et vous rejoint au coeur de votre souffrance : il a souffert la croix pour vous le dire. Beaucoup ont trouvé en lui un grand réconfort en plein milieu de la souffrance... pourquoi pas vous ?
Par Frère Paul csc - Publié dans : A fond la vie !
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Vendredi 4 avril 2008

Jeudi matin, j'ai fait une sorte d'"interro" à mes élèves de 3e...

Voilà le sujet : "Le monde est à la fois visible et invisible... comment envisages-tu la présence de l'invisible dans ta vie ?"

Chacun devait répondre en 15 lignes et pouvait profiter de l'occasion pour poser les questions qu'il voulait.

A la fin d'une "copie", j'ai lu "quel est ton but dans la vie frère Paul ?"... Comme j'aime l'honnêteté, je réponds, simplement.

Le problème, c'est de choisir un point de départ.

Si je considère mon "but dans la vie" comme l'aspiration ultime de mon être, comme ce que je désire vraiment au fond de moi, c'est bête à dire mais alors mon but dans la vie, c'est d'être HEUREUX.
Mais alors, pas heureux à 20%, ou à 75%... Heureux à 100% !!! Et qu'est-ce que c'est que le bonheur ???
Parfois, je me sens heureux quand je suis bien, vautré dans un transat devant un paysage magnifique au Maroc ou en Bretagne, un verre de jus de fruit à la main... Mais ça, c'est un petit bonheur, c'est le bien-être...
Si je regarde dans mon rétro, les moments où j'ai été le plus profondément heureux dans ma vie, c'est les moments où j'ai senti que j'étais aimé tel que je suis, aimé pour ce que j'étais, pour moi-même et pas pour ce que je pouvais apporter ou faire de bon à celui ou celle qui m'aime. Ces moments sont assez souvent arrivés en passant du temps avec mes amis. Mais plus profonde encore est la joie intérieure lorsque je ressens en mon coeur que celui qui m'aime est mon Dieu : personne ne me donne autant de joie et de bonheur. Oui, l'amour de Jésus COMBLE de bonheur toute une vie... C'est vrai, j'en ai fait et je continue d'en faire l'expérience !!!!
Mais ce bonheur, parfois, mes vieux démons reprennent le dessus et m'empêchent de m'y ouvrir. Car pour goûter au bonheur de l'amour de Dieu (Dieu qui est Amour, c'est vous dire quel est cet amour : parfait, absolu, sans défaut, sans interruption), il faut S'OUVRIR au bonheur de l'amour !
Alors je constate que j'ai besoin de sa miséricorde pour me convertir, grandir en sainteté, me rapprocher de lui avec un amour toujours plus grand et plus fort.
Bref, pour recevoir complètement cet amour, pour m'ouvrir vraiment entièrement au bonheur, je dois conformer ma vie à ma conviction principale qui est que Jésus m'aime et veut faire de moi un ressuscité éternellement heureux. En un petit mot, j'ai besoin de DEVENIR UN SAINT (et il reste du boulot, j'en conviens !)...

D'un autre côté, si par "mon but dans la vie" j'entends ce que je dois faire, non pas forcément par désir mais plutôt par conviction, alors mon but est de faire bien ce que j'ai à faire. Un peu comme le disait Saint Thérèse de Lisieux (une phrase qui a marqué mon adolescence) : "j'ai choisi l'amour du Seigneur en toutes choses ordinaires, alors je m'attacherai à les rendre extra-ordinaires".
N'y a-t-il pas un bonheur à faire de toutes ces petites choses du quotidien un extraordinaire acte d'amour ? Il y a en effet deux manières de passer le balai : la première serait de le passer par pure nécessité, d'une manière utilitaire, sans y mettre toute son énergie, parce qu'on sait que de toute façon, le sol sera à nouveau sale demain, et qu'après tout, à quoi bon passer du temps à balayer si c'est pour que le lendemain tout soit à nouveau re-sali ?. La seconde manière de passer le balai est de le faire non pas d'une manière utilitaire (ou EFFICACE) mais en y mettant toute sa personne, toutes les fibres de son être, pour en faire une sorte de prière, d'acte d'amour. Alors, passer le balai devient un acte FECOND, qui porte des fruits invisibles (spirituels) en plus des fruits visibles (la propreté du lieu), car on y a investi de l'amour. Toute chose faite avec amour nous rapproche de Dieu.
Voilà comment passer le balai peut nous rapprocher davantage de Dieu qu'une heure de prière !
Mais ce qu'il y a de chouette, c'est que bien faire ce que nous avons à faire nous procure plus que la satisfaction du travail accompli : tout l'amour mis dans une oeuvre, si petite soit-elle, devient source irradiante de bonheur et de joie pour qui l'a accomplie.
Ainsi, cette sainteté du quotidien ne pourra que me rendre heureux !

Voilà que la boucle est bouclée : mon but dans la vie c'est d'être heureux pour être saint et saint pour être heureux !!!

Mais je ne suis pas seul !

Aussi je me sens profondément appelé à partager ce bonheur avec d'autres, à être au service du bonheur de ceux qui m'entourent : frères de communauté, famille, amis, élèves (éh oui, les copains, vous comptez aussi beaucoup pour moi !)...

Dans les questions que je me suis posé au cours de ma vie sur la sainteté, un jour je me sius demandé si c'était légitime de vouloir devenir un saint, si ce n'était pas un peu égoïste de vouloir ce bonheur pour soi tout-seul ?
La réponse n'a pas tardé à se montrer, claire, limpide, comme toutes les réponses que Dieu peut nous donner dans ces cas-là : un saint n'est jamais saint pour lui-même, il partage forcément son bonheur avec les autres, il est même pour les autres.

Depuis ce jour, j'ai compris le sens le plus profond de ma vie : ETRE SAINT POUR LES AUTRES.

Comme je l'ai déjà dit plus haut, y a du boulot... Mais avec la grâce de Dieu, votre prière et votre aide, peut-être aurai-je la joie de goûter à ce bonheur. Que Dieu vous y conduise aussi, il n'y a que du bonheur !

Merci à Adrien pour la franchise de sa question !

Par Frère Paul csc - Publié dans : L'Eglise d'où je viens...
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Lundi 31 mars 2008
Beaucoup me demandent quelle sera la différence, quand je serai prêtre, entre moi et un prêtre de la paroisse d'à-côté... Ce petit article est là pour leur répondre.

Mais commençons par le commencement : qu'est-ce qu'un prêtre ?

Le mot vient de presbyteros, un mot grec qui signifie "ancien". Il désignait alors des hommes qui étaient en quelque sorte des responsables du peuple, non pas par hérédité mais choisis à cause de leur sagesse (d'où souvent leur grand âge), qui par exemple jugeaient aux portes des villes.
Dans sa Première Lettre (5, 1), Saint Pierre s'adresse à "ceux qui exercent la fonction d'Anciens". Il s'agit donc d'une fonction qui consiste à diriger un groupe, une partie plus ou moins grande du peuple de Dieu.
Mais ce mot a aussi servi à désigner les hommes qui offraient les sacrifices au Temple (les prêtres, à la différence des anciens, étaient issus de la tribu de Levi et se transmettaient la fonction de père en fils). Or le prêtre est bien un homme qui perpétue le sacrifice du Christ à chaque fois qu'il célebre l'Eucharistie.

Le prêtre a une triple mission (cf Lumen Gentium §20) : "Les prêtres président au nom de Dieu le troupeau dont ils sont les pasteurs par le magistère doctrinal, le saceroce du culte sacré et le ministère du gouvernement".
Magistère doctrinal désigne leur mission d'enseigner la foi, de l'expliquer, de rendre la Parole de Dieu vivante et accessible à tous.
Sacerdoce du culte sacré, en gros, c'est le don des sacrements, et la vie liturgique des prêtres.
Ministère du gouvernement, c'est être guide ou pasteur du peuple de Dieu.

Maintenant, ce qu'il faut comprendre, c'est que l'Eglise est à la fois une réalité hiérarchique et une réalité charismatique.
Je m'explique.... Je sens que je viens de dire des gros mots, là !
Réalité hiérarchique : c'est l'aspect vertical de l'Eglise. Elle est dirigée par les evêques dont le chef est le pape, et les uns et les autres sont aidés dans leur tâche par des prêtres qui sont toujours des collaborateurs des évêques. Certains prêtres, les curés, se voient confier la "gestion" d'un territoire précis, qu'on appelle une paroisse. D'autres sont chargés d'aider ces prêtres dans leur mission de curés. (Attention, toute responsabilité dans l'Eglise est un SERVICE, je ferai un article là-dessus, promis). La réalité hiérarchique montre l'Eglise comme une organisation humaine et divine, dans laquelle l'autorité est qui vient de Dieu est assumée par des hommes qui dépendent les uns des autres.
Réalité charismatique : c'est l'aspect plutôt horizontal de l'Eglise. Les dons de l'Esprit, que sont les charismes, se répandent dans toute l'Eglise d'une manière variée et parfois surprenante. Le charisme, ça désigne aussi un trait particulier mis en valeur chez un homme ou un groupe d'homme. Par exemple, on dit parfois : "Lui, son charisme, c'est plutôt l'enseignement, ou le service des vieux, ou le théâtre..." Et on dit pour telle ou telle communauté : "Leur charisme, c'est l'éducation, ou encore c'est la pastorale auprès des malades, le service des pauvres..." La réalité charismatique montre l'Eglise comme une communauté au sein de laquelle les dons de l'Esprit s'expriment de manière spontanée.

Bon, mais je dois mettre des limites : pas question de rendre absolue l'une ou l'autre de ces réalités. Elles sont très imbiquées l'une dans l'autre : l'autorité est un charisme, au service des autres charismes, mais qui vient cadrer les autres charismes.

Mais vous avez commencé à voir où je veux en venir : je vais essayer de faire le lien entre prêtre diocésains et réalité hiérarchique de l'Eglise d'une part et entre prêtres religieux et réalité charismatique de l'Eglise d'autre part.

A première vue, c'est facile à faire : le prêtre diocésain dépend d'un évêque, il est au service d'une communauté qui est de nature géographique, sur un territoire bien délimité. S'il est curé, il est responsable de tous les chrétiens de son territoire paroissial et cela lui donne une certaine autorité. On peut dire qu'il est plutôt représentatif de la réalité hiérarchique.
Par ailleurs, le prêtre religieux fait partie d'une communauté qui généralement n'est pas liée à un territoire (il peut être envoyé en mission dans tous les lieux où sa communauté est présente), et qui, à cause de son histoire, s'est d'une certaine manière "spécialisée" dans un charisme en particulier. On peut dire qu'il est plus représentatif de la réalité charismatique.

Prenons un exemple : les salésiens, par exemple, sont reconnus pour leur charisme d'éducation. Ils sont souvent présents dans des écoles tenues par leur communauté. Mais ces écoles sont situées sur des territoires qui sont aussi des paroisses, et les enfants qui viennent à l'école chez les salésiens sont aussi dépendants de leur paroisse (à laquelle ils vont en principe à la messe le dimanche) et du curé de leur paroisse.

Mais il ne faudrait pas dire que le prêtre diocésain ne représente que la réalité hiérarchique et le religieux uniquement la réalité charismatique.

En effet, les charismes sont des dons de l'Esprit pour TOUS LES HOMMES, quel que soit leur état de vie. Des tas de prêtres diocésains reçoivent des dons particuliers et mettent en valeur l'un ou l'autre aspect de leur triple mission de prêtre. N'ai-je pas dit plus haut, par ailleurs, que l'autorité est un charisme ? Donc, le prêtre diocésain vit aussi de la réalité charismatique de l'Eglise. De même, les religieux, en faisant voeu d'obéissance à un supérieur, qui lui-même dépend d'un supérieur majeur (etc... jusqu'au pape !), vivent une réalité hiérarchique souvent très marquée.

Bon, alors à quoi ça sert, du coup toutes ces distinctions ????

Ca sert à définir un ordre... Pour les prêtres diocésains, la réalité hiérarchique est la première, la réalité charismatique est seconde. Pour les religieux c'est l'inverse.

Mais les deux vocations sont de toute manière au service de l'Eglise UNIVERSELLE. Les prêtres diocésains en se mettant au service de tout le peuple de Dieu d'un territoire défini : jeunes, vieux, mariés, célibataires, malades ou bien-portants, etc... Les prêtre religieux se mettent au service du peuple de Dieu d'une manière spécifique : éducation de la jeunesse, aide aux malades, aux prisonniers... selon leur charisme, mais sans limite géographique (la plupart des congrégations sont internationales et transcendent les frontières des diocèses, des pays).

Ces deux vocations sont donc complètement complémentaires !!!! Et c'est ça la diversité et la beauté de l'Eglise.
Par Frère Paul csc - Publié dans : L'Eglise d'où je viens...
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Mardi 25 mars 2008

padrejony.jpg Lundi dernier je suis allé au festival de Pâques à Chartres... un grand rendez-vous annuel d'artistes chrétiens et de Jesus freaks en tout genre.

Padre Jony, c'est tout un folklore ! Le look évidemment, ça joue pas mal... Veste en cuir, fut noir et clergyman, c'est terrible...

Mais c'est aussi un rock assez pur et dur, efficace, et parfois très mélodique et plus musical.

Les paroles sont engagées socialement.

Padre Jony est un prêtre hors du commun. A l’aide de sa guitare, il rallie les foules pour des causes sociales qu’il défend avec fougue.

"Le Chercheur", son second opus, est une proposition de rock alternatif et social. A travers des paroles directes et une musique enracinée dans le rock, puisant dans différents styles, allant du hip/hop à la musique philharmonique, ce nouvel album se veut être un message franc, optimiste et plein d’espoir. (source : Site du festival : www.festivaldepaques.org).

Sur le site de Padre Jony www.padrejony.com, vous pourrez voir son clip Pescadores de hombres (pêcheurs d'hommes)... Sympa !

Par Frère Paul csc - Publié dans : Les Jesus freaks sur le flex
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Lundi 24 mars 2008

Louanges.gif On voit fleurir un peu partout des groupes de prière dans les paroisses... En général des jeunes, en lien avec l'une ou l'autre communauté nouvelle, se retrouvent pour prier en chantant, en frappant dans les mains, et même en dansant, en sautant de joie !

Ces groupes sont une vraie bénédiction pour l'Eglise car c'est en leur sein que de nombreuses personnes retrouvent la joie d'être chrétiens.

Un trait commun de ces groupes est l'importance donnée à la louange.

Mais... Qu'est-ce que c'est que la louange ???

Louer Dieu, c'est un acte gratuit : il s'agit dans la louange de dire à Dieu qu'il est grand, qu'il est beau, qu'il est fort, bref, qu'il est Dieu...

Mais... A quoi ça sert de dire à Dieu qu'il est Dieu ???

A priori, à rien... En tout cas, ça n'ajoute rien à la grandeur, la beauté, la puissance de Dieu !
Mais en laissant nos lèvres s'ouvrir pour chanter sa gloire, c'est nous qui changeons...

Comment on change ?

La louange est le moyen n° 1 d'ouvrir notre coeur. Dans TOUTE l'Eglise, les prêtres, les diacres, les religieux, les moines et même les laïcs dans de nombreuses paroisses font le matin une prière qui s'appelle les LAUDES. Le mot laudes vient du latin laudare, louer. Si toute l'Eglise le matin fait cette grande prière de louange, c'est parce qu'elle ne peut commencer un nouveau jour sans ouvrir son coeur à la présence de Dieu.

Et au fait... Comment louer ????

La prière de louange est celle qui revêt sans doute la plus grande variété de formes. Quelques exemples...

Les moines psalmodient, c'est à dire chantent les psaumes sur un ton avec quelques variations. Dans la Bible, il y a 150 Psaumes, qui sont des prières essentiellement de louange. Le grégorien vient de cette manière de psalmodier, c'est un chant de louange qui vient des profondeurs de l'âme et qui réveille la plupart du temps des émotions archaïques.

A l'église on chante aussi des chants en assemblée : il y en a pour tous les goûts !! Et dans toutes les langues... La beauté des chants d'assemblée est l'unité qui se dégage du chant.

Mais on peut aussi louer seul, en silence, devant un beau paysage, ou bien dans sa chambre, ou encore dans son lieu de travail. La louange suppose un regard d'émerveillement devant Dieu et son oeuvre.

On peut encore louer en agissant, en dansant, en marchant... Tu connais peut-être la célèbre histoire médiévale du Jongleur de Notre-Dame : ce jongleur qui jonglait dans l'église... Tout ce que nous faisons de beau peut devenir une louange, une prière.

Cette mutlitude des moyens de louer tient à une chose : LOUER est finalement le sens profond de notre existence. Ainsi nous comprenons pourquoi toute notre vie peut et devrait devenir une LOUANGE...

Certains imaginent la prière comme un moment astreignant passé à genoux au fond d'une église... Rien à voir !!!! La louange est au contraire l'expression d'un bonheur, d'une joie. La louange n'est jamais sèche parce qu'elle vient du coeur de notre vie. Certes, c'est parfois plus difficile de louer, lorsqu'on est malade par exemple, et que la vie revêt ce caractère de souffrance. Mais la louange est finalement la seule chose que l'on doive au Créateur.

Louer, finalement, nous remet à notre place de créature.
En regardant le monde, en regardant ce que je suis, la beauté, la profondeur et la grandeur de mon humanité, je ne peux qu'être émerveillé devant la puissance et la bonté du Créateur.

"Soyez toujours joyeux, priez sans cesse. En toute condition, rendez grâces." (1 Th 16-18a) La vie n'est-elle pas un miracle de bonté du Seigneur. Alors chantez-le de tout votre coeur, n'épargnez aucune fibre de votre être pour sa louange !

Si cet article t'a donné envie de louer... Lâche-toi !!!!! On peut aussi prier devant un écran d'ordinateur ! Fonce voir le site de ta paroisse, de ton école pour savoir si il y a un groupe de prière ! Laisse l'Esprit agir dans ton coeur, car même la louange est SON oeuvre ! Prends ta Bible, trouve un psaume de louange (Par ex le PS 62, le Ps 150, le Ps 138), et laisse surtout de la place dans ton coeur à la louange spontanée !

La louange est puissante, elle nous rend forts face à l'adversité, elle nous donne l'espérance, elle est une source de joie spirituelle.

Par Frère Paul csc - Publié dans : Les Jesus freaks sur le flex
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Dimanche 23 mars 2008

Voilà la nuit dernière, c'était la Vigile Pascale.

La Vigile Pascale, c'est une veillée un peu spéciale au cours de laquelle les chrétiens du monde entier célèbrent la Résurrection du Christ.

C'est incroyable la beauté des rites dans l'Eglise... Quand je vois le nombre de gens qui vont chercher une ritualité à des milliers de kilomètres de leur pays, alors que franchir la porte d'une Eglise permet parfois de se retrouver complètement ailleurs, dans un autre pays, fait de grâce et de lumière !!!

Hier, j'était à l'église Notre Dame de Vincennes. C'était impressionnant : beaucoup de gens étaient là pour la première fois à la Vigile. L'émerveillement se lisait sur les yeux !

Les 3 heures d'office sont passées comme une lettre à la poste. Non, franchement, ce n'a pas paru long !

Même pour ceux qui connaissent, les "habitués" de la Vigile Pascale, c'est toujours plein de nouveauté, de sens à redécouvrir, chaque année nous permet de vivre cette liturgie sous un nouvel angle !

Hier, moment émouvant, j'ai baptisé pour la première fois ! Je ne regarde plus mes mains pareil maintenant ! Dieu est BON, il se sert de pauvres pécheurs pour faire renaître à la vie d'en-haut ses enfants bien-aimés !!!

On m'a demandé de faire des articles courts : je ne vais pas vous détailler la Vigile... (Je ferai peut-être une page avec des photos et tout)

Mais si par hasard cet article te donne envie de participer à la Vigile Pascale, sache que maintenant il te faut attendre un an... Alors l'année prochaine, ne manque pas l'évènement !!!

Ce matin, après cette nuit lumineuse où le Christ est sorti du tombeau, nous pouvons tous le dire : LE CHRIST EST RESSUSCITE, ALLELUIA !!

Par Frère Paul csc - Publié dans : L'Eglise d'où je viens...
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Samedi 22 mars 2008

thumb-Cler-themes-orange-sexo-ado-premier-baiser-Image-201er-20baiser.jpg Je pense à cette question quand je vois tous les lycéens et lycéennes qui se roulent des patins à la sortie de l'école... En fait, la vraie question, c'est plutôt ça : qu'apporte l'expérience de "sortir avec un mec/une nana" ?

Des jeunes m'ont répondu : "ça sert à avoir fait ses propres expériences, à savoir si on est 'normal', à savoir si la personne qui sera l'homme/la femme de notre vie est vraiment la bonne...(par élimination, quoi)"

C'est drôle quand même, que des jeunes (14 ans environ) soient déjà aussi sérieux dans la vie. Moi, si à leur âge, j'étais sorti avec une fille, j'aurais répondu : "c'est l'amour". Et l'amour normamelement, ça sert à rien...

Donc, sortir avec une nana, un mec, quand on a l'âge d'avoir de l'acné, ça sert à quelque chose, et donc, ce n'est pas l'amour. D'ailleurs, en demandant à l'un ou l'autre si son petit ami, sa petite amie était l'homme/la femme de sa vie, ils ont toujorus répondu "non" sans hésiter. C'est donc un jeu, on "joue" à l'amour.

A quoi ça sert de jouer à l'amour avant de connaitre le grand amour ??? Tu te rends compte que tu es en train de violer ton propre jardin secret ??? Et celui de quelqu'un d'autre ! Que tu es en train de te blaser avant même d'avoir connu l'amour en vérité ?

L'amour nous fait atteindre des sommets !!!!!!!!!   Mais ne faisons pas passer la charrue avant les boeufs ! L'amour ne se vit qu'en grand, qu'en MAJUSCULES ! L'amour, c'est tout ou rien, il faut que ce soit ENOOOOOOORME, sinon, quel intérêt ? Tout le reste n'est que singeries, vulgaires singeries.

Mais pour se vivre en majuscules, l'amour, ça se prépare. Et au départ, il n'y a pas de meilleure éducation de l'amour que l'amitié. Rare sont les amis aujourd'hui. Parce que nous vivons dans une société qui prône une sexualité adolescente et immature, ce qui bloque l'amitié.

Etre ami, c'est pouvoir vivre dans une totale confiance l'un pour l'autre, c'est être heureux ensemble, c'est partager des projets, des temps forts de l'existence. Etre amoureux, c'est vivre la confiance, le bonheur et l'action mais au stade le plus intime de notre être. C'est entrer dans un domaine sacré ! Si l'amour naît dans l'amitié (on commence par être amis avant d'être amoureux), l'amour va beaucoup plus loin : il s'agit de se donner complètement l'un à l'autre. Jusqu'à ne plus faire qu'UN.

Comment peux-tu TOUT donner si tu as déjà entamé le trésor d'affectivité, de sexualité qui est enfoui en toi ??? Comment peux-tu livrer toute ton intimité à l'autre si tu as déjà commencé à dévoiler ce merveilleux trésor ? Ne gâche pas tout, c'est ton propre malheur que tu crées ! Si un jour, je rencontrais la femme de ma vie, je rougirais de honte à l'idée qu'elle n'est pas la première. La virginité dévoilée au premier amour est quelque chose de si beau, de tellement sacré !

Ringard ? Est-ce moi qui suis ringard de te parler de toi comme d'une histoire sacrée, divine ? Est-ce qu'on t'a déjà seulement parlé comme ça ? Ou préfères-tu le modèle tribal : je baise comme une bête... Un modèle vieux de plusieurs dizaines de miliers d'années... Et c'est moi qui suis ringard ?

Le problème aujourd'hui, c'est qu'on fait passer ça pour une contrainte : c'est chiant, faut pas sortir avec une fille/un gars avant de rencontrer l'amour de sa vie... Faut pas baiser avant le mariage... Ce serait tellement plus simple de POSITIVER !!!! De se dire que si on se fixe la barre aussi haut, c'est que l'amour peut NOUS FAIRE ATTEINDRE LES SOMMETS !

Et en attendant, de s'épanouir dans l'amitié franche, vraie et sincère.

C'est un chemin de BONHEUR que je te propose. Maintenant, tu fais ce que tu veux...




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Par Frère Paul csc - Publié dans : Au secours, j'ai besoin d'amour !
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Mardi 18 mars 2008
Resurrection_97.jpg J'avais envie de vous partager ce texte magnifique que nous lisons et méditons le Samedi Saint, c'est à dire juste avant la Résurrection du Christ. Il s'agit d'une homélie de St Epiphane de Salamine (IVe siècle).

"Un grand silence règne aujourd'hui sur la terre, un grand silence et une grande solitude. Un grand silence parce que le roi dort. La terre a tremblé et s'est calmée parce que Dieu s'est endormi dans la chair et qu'il est allé réveiller ceux qui dormaient depuis des siècles. Dieu est mort dans la chair et les enfers ont tressailli. Dieu s'est endormi pour un peu de temps et il a réveillé du sommeil ceux qui séjournaient dans les enfers...
Il va chercher Adam, notre premier Père, la brebis perdue. Il veut aller visiter tous ceux qui sont assis dans les ténèbres et à l’ombre de la mort. Il va, pour délivrer de leurs douleurs Adam dans ses liens et Eve, captive avec lui, lui qui est en même temps leur Dieu et leur Fils. Descendons donc avec lui pour voir l’Alliance entre Dieu et les hommes… Là se trouve Adam, le premier Père, et comme premier créé, enterré plu profondément que tous les condamnés. Là se trouve Abel, le premier mort et comme premier pasteur juste, figure du meurtre injuste du Christ pasteur. Là se trouve Noé, figure du Christ, le constructeur de la grande arche de Dieu, l’Eglise… Là se trouve Abraham, le père du Christ, le sacrificateur, qui offrit à Dieu par le glaive et sans le glaive un sacrifice mortel sans mort. Là demeure Moïse, dans les ténèbres inférieures, lui qui a jadis séjourné dans les ténèbres supérieures de l’arche de Dieu. Là se trouve Daniel dans la fosse de l’enfer, lui qui, jadis, a séjourné sur la terre dans la fosse aux lions. Là se trouve Jérémie, dans la fosse de boue, dans le trou de l’enfer, dans la corruption de la mort. Là se trouve Jonas dans le monstre capable de contenir le monde, c’est-à-dire dans l’enfer, en signe du Christ éternel. Et parmi les Prophètes il en est un qui s’écrie : "Du ventre de l’enfer, entends ma supplication, écoute mon cri !" et un autre : "Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, écoute mon appel !" ; et un autre : "Fais briller sur nous ta face et nous serons sauvés…"
[…]
Mais, comme par son avènement le Seigneur voulait pénétrer dans les lieux les plus inférieurs, Adam, en tant que premier Père et que premier créé de tous les hommes et en tant que premier mortel, lui qui avait été tenu captif plus profondément que tous les autres et avec le plus grand soin, entendit le premier le bruit des pas du Seigneur qui venait vers les prisonniers. Et il reconnut la voix de celui qui cheminait dans la prison, et s’adressant à ceux qui étaient enchaînés avec lui depuis le commencement du monde, il parla ainsi : "J’entends les pas de quelqu’un qui vient vers nous." Et pendant qu’il parlait, le Seigneur entra, tenant les armes victorieuses de la croix. Et lorsque le premier Père, Adam, le vit, plein de stupeur, il se frappa la poitrine et cria aux autres : "Mon Seigneur soit avec vous !" Et le Christ répondit à Adam : "Et avec ton esprit." Et lui ayant saisi la main, il lui dit : "Eveille-toi, ô toi qui dors, relève-toi d’entre les morts, et le Christ t’illuminera." Je suis ton Dieu, et à cause de toi je suis devenu ton Fils. Lève-toi, toi qui dormais, car je ne t’ai pas créé pour que tu séjournes ici enchaîné dans l’enfer. Relève-toi d’entre les morts, je suis la Vie des morts. Lève-toi, œuvre de mes mains, toi, mon effigie, qui a été faite à mon image. Lève-toi, partons d’ici, car tu es en moi et je suis en toi.. A cause de toi, moi ton Dieu, je suis devenu ton fils ; à cause de toi, moi ton Seigneur, j’ai pris la forme d’esclave ; à cause de toi, moi qui demeure au-dessus des cieux, je suis descendu sur la terre et sous la terre. Pour toi, homme, je me suis fait comme un homme sans protection, libre parmi les morts. Pour toi qui es sorti du jardin, j’ai été livré aux juifs dans le jardin et j’ai été crucifié dans le jardin…
[…]
Regarde sur mon visage les crachats que j’ai reçus pour toi afin de te replacer dans l’antique paradis. Regarde sur mes joues la trace des soufflets que j’ai subis pour rétablir en mon image ta beauté détruite. Regarde sur mon dos la trace de la flagellation que j’ai reçue afin de te décharger du fardeau de tes péchés qui avait été imposé sur ton dos. Regarde mes mains qui ont été solidement clouées au bois à cause de toi qui autrefois as mal étendu tes mains vers le bois… Je me suis endormi sur la croix et la lance a percé mon côté à cause de toi qui t’es endormi au paradis et as fait sortir Eve de ton côté. Mon côté a guéri la douleur de ton côté. Et mon sommeil te fait sortir maintenant du sommeil de l’enfer. Lève-toi et partons d’ici, de la mort à la vie, de la corruption à l’immortalité, des ténèbres à la lumière éternelle. Levez-vous et partons d’ici et allons de la douleur à la joie, de la prison à la Jérusalem céleste, des chaînes à la liberté, de la captivité aux délices du paradis, de la terre au ciel. Mon Père céleste attend la brebis perdue, un trône de chérubin est prêt, les porteurs sont debout et attendent, la salle des noces est préparée, les tentes et les demeures éternelles sont ornées, les trésors de tout bien sont ouverts, le Royaume des Cieux qui existait avant tous les siècles vous attend."

Extrait du Lectionnaire pour lesdimanches et pour les fêtes de JR Bouchet.
Par Frère Paul csc - Publié dans : Médite là-dessus...
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